DIETER - Idées reçues et demi-vérités qui profitent aux vendeurs d'éoliennes (A)   et nos réponses (R)

 

1 )

  • A : Il faut bien faire quelque chose, produire de l’électricité quelque part en Suisse.

  • R : Il faut faire quelque chose, mais pas n'importe quoi. Le but est de produire de l’électricité en continu, ou au moins répondre à une demande de consommation, en particulier durant les heures de pointe (9h-12h / 17h-19h) ou encore nous protéger d’une pénurie éventuelle, comme par exemple avec la surélévation du barrage du Grimsel ; c’est le contraire avec l’éolien subventionné suisse, énergie-doublon, aléatoire et très chère qui renforcerait inutilement la surproduction les jours de vent, une tendance forte qui va durer du fait des multiples projets éoliens dans les régions vraiment ventées d’Europe.

 

2 )

  • A : L’éolien fait partie d’un mix renouvelable intéressant et diversifié, chaque kWh compte.

  • R : Couper l’une des deux jambes de chaque Suisse pour la remplacer par une prothèse aura incontestablement diversifié leurs appuis. Mais est-ce bénéfique? En matière d’électricité, c’est l’équilibre entre offre et demande qui compte, et pas seulement l’accumulation. Il faut comparer l’efficacité des investissements pour faire baisser le CO2 dans un contexte d’urgence climatique. Contrairement à l’Allemagne, notre mix électrique est déjà décarboné, nos importations d'électricité aussi ( à 98,3% en 2018 d’après l’OFEN ). Subventionner une vaine concurrence entre énergies renouvelables sous prétexte de copier nos voisins équivaut à coller un sparadrap sur la fameuse prothèse. Il vaudrait mieux investir dans l’hydraulique, le bâtiment, le transport et l’efficacité énergétique.

D'après l'atlas de référence de la Banque mondiale et de l'Université technique du Danemark, la Suisse est un des pires endroits d'Europe pour développer l'énergie éolienne. L'échelle, à droite, représente la vitesse du vent en moyenne annuelle (m/s).

 

3)

  • A : Les éoliennes sont indispensables pour notre autonomie future et pour sortir des énergies fossiles.

  • R : Des éoliennes en Suisses n'économiseraient pas un gramme de CO2. Les jours de vent, il y a surproduction d’énergie renouvelable bon marché. L’Europe ne produit pas assez d’électricité propre notamment durant les périodes anticycloniques l’hiver, au moment où l’éolien ne sert à rien et que les centrales à charbon et à gaz tournent à 100 %. Si on met 15 milliards dans les éoliennes en Suisse, c'est 20 ans d'investissement perdus pour le climat.  Si en plus on comptabilise le réglage de l'intermittence au gaz pour pouvoir fournir du courant à la demande, on peut se demander s'il s'agit encore d'énergie renouvelable. Les groupes gaziers comme Total achètent de l'éolien en masse. Cela verdit leur image et leur permet d'écouler leur gaz polluant. D'après les gaziers, l'éolien, c'est génial!

 

4) 

  • A : Les opposants aux éoliennes sont des NIMBY, la lutte des opposants est hypocrite et égoïste.

  • R : - La distance aux habitations dans les projets de parcs fribourgeois est insuffisante et nécessite d’être adaptée, avant tout pour des raisons de santé.                                                                                                     -Les villes consomment la grande majorité de l’électricité, les campagnes en consomment peu. Aujourd’hui, les villes montrent les campagnes du doigt en leur disant : « vous devez produire notre électricité, sinon vous êtes des égoïstes ». Mais que se passe-t-il quand on demande un tout petit effort à la ville? L'impact de quelques panneaux solaires est jugé beaucoup trop grand, d'après notre gouvernement:

Par contre, pour des éoliennes de 200 m dans les villages, pas de problème d'impact!

 

5)

  • A : Une éolienne est érigée très rapidement et l’énergie consacrée à sa construction est remplacée en quelques mois.

  • R : Il faut compter l’aménagement de routes de 6 m de large, les convois de camions, les socles en béton armé de 2000 tonnes, l’enfouissement des lignes à Haute Tension, les transformateurs, les compensations pour les arbres abattus, les arrêts des machines de toute sorte pour respecter les lois : oiseaux migrateurs, chauves-souris, avions de l’armée à l’entraînement. Par exemple, la durée prévue du chantier de Greenwatt à la Montagne de Buttes est de 3 ans. 

La Suisse sera-t-elle un meilleur endroit avec 800 éoliennes?

 

6)

  • A : Le promoteur arrive avec beaucoup d’argent, c’est une aubaine pour la commune, ça ne se refuse pas !

  • R : Les communes ont beaucoup à perdre en attractivité et en patrimoine, sans parler des clivages créés dans la population au sujet des nuisances dues aux éoliennes. Quel vivre ensemble reste-il, quelle manifestation en plein air peut encore se dérouler face aux flashes de nuit des éoliennes industrielles géantes ? Quelle famille viendra s'installer là ?

 

7)

  • A : Avec 6 éoliennes géantes, on atteint le seuil de l’intérêt national (20 GWh) défini par l’art. 9 de l’Ordonnance sur l’énergie de 2017. Conformément à la nouvelle loi sur l’énergie adoptée par le Peuple en 2017, il faut développer l’éolien.

  • R : 1 kWh quand on le veut est très différent d’ 1 kWh quand il y a du vent. L’énergie éolienne, non-disponible à la demande, dont le facteur de charge (rapport entre la puissance moyenne effective sur une période donnée et la puissance nominale de l'installation) était de 17% et la puissance garantie de 1% en Suisse en 2018, a beaucoup moins de valeur qu’une énergie pilotable dans le système électrique où la production doit correspondre à la consommation à tout instant.

  • Les projets de parcs actuels, par leur démesure, leur atteinte au patrimoine paysager, forestier et immobilier des campagnes, au cadre de vie des riverains, aux clivages qu’ils créent au sein de la population contreviennent à plusieurs points de la Constitution suisse : proportionnalité du but visé (art.5 al.2), fonction sociale des forêts (art. 77 al.1), conservation du paysage (art.78 al.2).

 

8)

  • A : Les éoliennes font très peu de bruit. A 300 m, on n’entend plus rien. Le vent couvre le bruit. On peut discuter au pied d’une éolienne sans problème. On peut ajouter des plumes artificielles sur les pales pour restreindre encore la nuisance. Le respect de l’Ordonnance sur la Protection contre le Bruit (OPB) est très strictement contrôlé durant la planification.

  • R : Chez nous, le bruit des éoliennes s’entendra d’autant plus loin qu’il ne sera absorbé par aucune activité urbaine. Par exemple, pour l’Enercon E-126, le bruit oscille entre 105 et 108 Dba en fonctionnement, c’est à dire l’équivalent d’un marteau piqueur, d’une tronçonneuse ou d’un concert de rock. Le seuil de 45 Dba, au-dessus duquel la nuisance est scientifiquement prouvée, n’est absolument pas garanti à moins de 800m. Une fois les éoliennes construites, il sera trop tard pour venir se plaindre que l’OPB n’est pas respectée. Les gens qui viennent s'installer à la campagne le font notamment pour la sérénité!

 

9)

  • A : L’éolien n’entraîne pas de perte immobilière significative (Wüest et Partners 2018).

  • R : Des quartiers encerclés de plusieurs machines bruyantes de 200 m de haut, mouvantes, clignotantes, flashant toutes les nuits verront leur valeur baisser de 11 % même à 2 km, selon S. Gibbons de la London School of Economics (2015). Une étude allemande de l’Institut Leibniz (fin 2018) concernant plus de 2 millions de biens immobiliers sur une durée de 8 ans, montre qu’un bien immobilier perd jusqu’à 23% de sa valeur à un kilomètre d’une ou plusieurs éoliennes. Les projets éoliens fribourgeois entraîneraient une perte massive pour leurs propriétaires, et indirectement de rentrées fiscales pour les communautés publiques. Les pays et régions qui ont adopté des distances importantes aux habitations l’ont fait pour de bonnes raisons. Trop près, personne ne vient plus s’installer, contrairement à ce que prétendent les études mandatées par l’Office fédéral de l'énergie, grossièrement biaisées. La dernière (Wüest et Partners) tient compte de toutes les transactions entre 2000 et 2018, alors que la technologie des éoliennes géantes est apparue en 2010 et qu'aucune n'a encore été construite en Suisse... Les données ont été récoltées dans un rayon de 10 km des machines projetées , de manière à noyer complètement dans la masse les résidences à moins de 1000 m des machines, concernées par les nuisances les plus graves.  80% des données concernaient des éoliennes projetées, 20 % des turbines existantes. Tant que les machines ne sont pas construites, seule une minorité des habitants est au courant des nuisances qu’elles entraînent.

Village d'Herchenhain (Vogelsberg, Hesse) en Allemagne. Ceci n'est pas un photomontage, mais la réalité ! L'impact est-il proportionnel à une production faible et aléatoire?

 

10)

  • A : Le projet contribue à sauver la planète, comme en Allemagne, qui vise une décarbonation quasi complète de son économie en 2050. La Suisse est à la traîne comparé à ce pays qui produit énormément d’énergie renouvelable grâce au vent. Bougeons-nous !

  • R :  L’Allemagne a choisi de sortir du nucléaire avant le charbon. Ils produisent beaucoup d’énergie renouvelable, mais doivent en exporter ou en détruire une part importante lors des pics de production, et compenser par des centrales fossiles lors des accalmies. Résultat : 30'000 éoliennes n’ont pas fait baisser le CO2 dans la production électrique, mais doubler le prix de l’électricité sans réduire les importations fossiles. Pour régler l’intermittence, en plus du charbon, ils dépendent désormais des importations de gaz russe (gazoducs North stream I et II ) et… de nucléaire français ! Ce pays est aujourd’hui de loin le plus gros émetteur de CO2 d’Europe, et sans complexe, puisqu’une nouvelle centrale à charbon ouvre cet été.

  • Pour l'équilibre du marché aussi, vouloir copier les Allemands est une erreur. Ils ont décidé de lancer leur transition énergétique sans consulter les autres pays européens. La stratégie allemande est possible seulement si ses voisins ne la suivent pas. En effet, les États ne peuvent pas tous exporter en même temps de l’électricité, et moins encore en importer tous ensemble, alors que sur le marché demande et offre doivent s’équilibrer en permanence. Chaque pays doit tirer profit de ses avantages comparatifs, en Suisse notamment le développement du stockage par pompage dans les lacs de barrage, qui permet de profiter des pics d’énergie renouvelable importée à très bas prix.

Puissance fournie par type d'énergie en Allemagne en janvier 2017. Les ondulations en vert de gris sur le haut représentent l'éolien. Chaque fois que le vent ne souffle pas assez, ils brûlent du gaz polluant (orange) ou du charbon supplémentaire (anthracite)

 

11)

  • A : Les éoliennes produisent 2/3 de leur électricité l’hiver quand la Suisse en manque, ce qui est vital d’autant plus que nous voulons installer des pompes à chaleur à la place du mazout.

  • R : Durant les grands froids anticycloniques hivernaux, qui correspondent aux pics de consommation électrique, et durent une à trois semaines, il n’y a pas de vent en Europe de l’Ouest, et des éoliennes en Suisse ne serviraient à rien. Au contraire, les jours de vent l’offre d’électricité est déjà surabondante, le prix du marché de gros très bas à la bourse, et le risque de pénurie nul grâce aux éoliennes des régions vraiment ventées. Une partie de l’électricité est détruite pour éviter la saturation du réseau. Les groupes électriques suisses achètent déjà cette électricité à très bas prix et en stockent une partie dans les lacs de barrage. Ce n'est pas un véritable problème : ce sont les importations fossiles qu'il faut combattre.

Situation fréquente: peu de vent régulier chez nous, mais beaucoup ailleurs. Dans ce cas, les éoliennes en Suisse sont inefficaces. Les éoliennes des régions ventées ont la priorité sur le réseau, nous importons de l'énergie décarbonée à bon marché. Soirée du 20 février 2020. Source: atlas mondial du vent, earth.nullschool.net

24 janvier 2020, journée froide. Peu de vent en Europe de l'Ouest. Dans ce cas aussi, les éoliennes en Suisse ne servent à rien, tandis qu'il faut éviter d'importer: les centrales à gaz et charbon tournent à fond en Europe.

6 mars 2020,  journée bien ventée. Le réseau électrique européen déborde, aucun risque de pénurie. Même les éoliennes suisses produisent beaucoup . Mais au lieu d'importer à prix cassé, voire à prix négatif, comme nous le faisons actuellement, l'essor de l'éolien en Suisse nous forcerait à payer 20-23 ct du kWh, sans possibilité d'exporter, faute de demande. Une telle journée coûterait très cher aux consommateurs suisses. Cette production "doublon" est-elle vraiment d'intérêt public?

 

12)

  • A : Les nuisances sanitaires qu’on reproche aux éoliennes ne sont pas attestées scientifiquement, souvent psychologiques. Les nuisances visuelles sont faibles.

  • R : Tout dépend de la distance aux habitations. Les riverains étrangers témoignent massivement de troubles du sommeil, maux de tête, acouphènes voire dépressions, alors que leurs maisons sont souvent bien plus éloignées des machines que dans les projets fribourgeois. Là où les éoliennes sont bien visibles, il faut aussi s’attendre à des nuisances loin à la ronde, y compris la nuit avec de puissants flashes rouges, toutes les 3 secondes, visibles à 30-40 km, 365 jours par an.

Vue à plus de 5 km. Et à 500 m, ça donnerait quoi?

 

13)

  • A : L’électricité fournie par un parc éolien représente la consommation de X milliers de ménages dans la région.

  • R : Seule la part de cette production correspondant à la demande devrait être considérée. Une large portion ne peut pas être consommée mais seulement exportée à vil prix ou détruite pour protéger le réseau surchargé aux heures creuses ; au contraire, de longues périodes d’accalmie, par exemple les périodes froides anticycloniques l’hiver, requièrent des centrales de réglage au gaz pour alimenter les ménages, centrales dont la rentabilité serait affaiblie comme elles devraient se mettre en veille au moindre coup de vent. Leur survie dépendrait donc aussi de subventions. Le coût total d’un tel système électrique est d'autant plus élevé que le rendement des éoliennes diminue après quelques années d'utilisation seulement.

 

14)

  • A : Le projet permet d’unir les communes autour d’une production d’électricité renouvelable locale.

  • R : Le fait que les éoliennes entraînent davantage d’échanges d’électricité entre régions et pays, donc la construction de davantage de lignes électriques à Haute Tension dans toute l’Europe, montre assez que l’éolien n’a rien de local. Mis à part la construction des socles en béton, des raccordements au réseau et des accès, tout est importé de A à Z, y compris la maintenance et la télégestion. Pratiquement pas d'emplois durables et qualifiés pour nos PME locales...

15)

  • A : L’atteinte au paysage est un argument subjectif. Les éoliennes sont majestueuses, un symbole de modernité et de pureté, un "élément structurant ". Les opposants n’acceptent pas les changements, il faut voir la Suisse au-delà du paysage.

  • R : L’empreinte de machines de plus de 200 m de haut avec des rotors de 140 m qui clignotent la nuit est colossale dans un petit pays comme la Suisse, pays au patrimoine paysager unique, d’autant plus qu’on veut les implanter sur des crêtes et non dans des fonds de vallée. Le paysage est constitutif de notre identité culturelle et représente une image de marque pour le tourisme doux dans nos campagnes. En 2016, le Tribunal fédéral a jugé que le projet du Schwyberg s'apparentait à un corps étranger dans le paysage.

 

16)

  • A : Le vent est gratuit et inépuisable ; l’énergie éolienne est de plus en plus compétitive.

  • R : Si le vent est gratuit, son dispositif de capture coûte 10 millions pièce et est férocement non renouvelable (tonnes de métaux rares, production à base d’énergie fossile, implantation sur socle béton de 2000 tonnes, abattage de centaines d’arbres pour la place de grutage, etc.) pour une durée de vie de seulement 20 ans. Si l’éolien était compétitif, il n’aurait pas besoin de milliards de subventions. Aujourd’hui, une journée très ventée signifie un approvisionnement en énergie renouvelable bon marché (surproduction en Europe). Avec des centaines d’éoliennes suisses subventionnées qui passeront en priorité, le coût de la même journée sera faramineux pour le consommateur, sans aucun avantage par ailleurs… sauf bien sûr pour l’exploitant, le boursier communal et quelques propriétaires terriens.

 
 

17)

  • A : La distance aux habitations ne pose pas de problème dans les projets fribourgeois. La distance légale est de 300 m, nous l’avons portée à 500 m pour respecter les riverains.

  • R : L’OMS recommande 3 km de distance. Dans le projet de la Sonnaz, 178 bâtiments se retrouveront à moins de 750 m des machines, et plus d’un millier d’autres à moins de 1250 m. Les pays qui ont une forte expérience des éoliennes fixent des distances importantes entres éoliennes et habitations : aux USA (3 km), au Royaume-Uni (1,5 km), en Basse-Autriche (de 1200 à 2000 m), dans plusieurs Länder allemands (Hesse 1000 m, Bavière, 2000 m), au Danemark (800 m), aux Pays-Bas, etc. Dans le canton de Fribourg, où les implantations sont systématiquement prévues sur des positions dominantes, il n'y a tout simplement pas la place pour intégrer harmonieusement des éoliennes de 200 m tout en respectant à la fois la santé de la population riveraine et le patrimoine paysager, environnemental et architectural.

 

18)

  • A : Une éolienne peut être démontée en une semaine. Si nous trouvons mieux que les éoliennes dans 20 ans, nous n’aurons qu’à les démonter, cela ne prend que quelques jours. Les éoliennes ne font qu’emprunter le paysage.

  • R : L’édification d’un parc éolien implique une infrastructure considérable y compris élargissement des routes à 6 m, socles en béton de 2000 tonnes, lignes à haute tension, transformateurs géants. L’évacuation de cet ensemble représente des coûts et un temps considérable pour retrouver la situation d’origine, surtout en forêt. Il faut s’assurer que des fonds suffisants soient provisionnés pour le démantèlement. La tendance est plutôt au "repowering", comme au Mt-Crosin : on remplace les éoliennes par des plus puissantes tout en amortissant le coût du réseau existant. Les éoliennes n'empruntent pas les paysages, elles les volent, d'autant plus que cette première atteinte à des paysages préservés expose la région concernée à d'autres constructions d'infrastructures par la suite.

Pale d'une éolienne "Enercon E-126" à Werdum (Allemagne en 2014)

 

19)

  • A : L’essor de 800 éoliennes en Suisse permettra de se passer en partie du nucléaire. La production annuelle moyenne couvrira 7 % de nos besoins en électricité en 2050.

  • R : La production éolienne ne permettra pas de fermer une centrale pilotable. L’intermittence doit être compensée par des capacités de réglage fossiles ou nucléaire. En Allemagne, les énergies intermittentes ne font pas diminuer la puissance installée des centrales pilotables, malgré les 350 milliards investis, mais seulement baisser leur facteur de charge et donc leur rentabilité, parce que la puissance garantie à tout instant par l’ensemble éolien-solaire est quasi-nulle, alors qu’il faut couvrir à tout instant l’appel de puissance consommée. Il y a simplement eu substitution du nucléaire par du gaz et un peu de biomasse, avec un doublement du prix de l’électricité pour le consommateur due au rajout des EnR intermittentes. En Suisse, si on substitue le nucléaire par du gaz pour compenser les jours sans vent, les émissions de CO2 augmenteront d’autant plus que le mix électrique actuel est décarboné.              

L'installation de 100 GW de puissance éolienne et solaire n'a pas permis de baisser la puissance installée pilotable en Allemagne entre 2002 et 2020: Les énergies électriques intermittentes viennent en plus du reste, elles ne remplacent rien.

20)

  • A : La majorité des Suisses sont pour l’éolien, surtout en Suisse romande.

  • R : En 2017, les Suisses ont voté sur un paquet, dont l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires. Il ne se sont pas prononcés sur l’éolien seul. Comme l’a dit Angela Merkel en 2020, « quand on est citadin, c’est facile d’être pour les éoliennes ». En effet, si l’on n'est pas soi-même touché, pourquoi irait-on contredire l’opinion du Conseil fédéral ou du Conseil d’État, surtout à propos d’énergie renouvelable? Les promoteurs tiennent un discours moralisant à la population pour faire passer les projets. Quant aux sondages payés par les lobbys, ils sont régulièrement discrédités par les votations communales, très défavorables aux projets éoliens en 2019 en Suisse, et par des pétitions réunissant des milliers de signatures (9000 pour la Vue des Alpes actuellement). En Suisse orientale, une grande partie des projets éoliens ont été gelés ou abandonnés : à Zurich, St-Gall, Schaffhouse, Glaris, Appenzell ou encore récemment dans les Grisons et à Zoug.

 

21)

  • A : L’éolien est complémentaire avec l’hydraulique. Quand il n’y a pas de vent, on turbine dans les barrages, c’est beau et c’est vert.

  • R : Les énergies intermittentes subventionnées telles que l’éolien, où l’électricité est prépayée pour la rendre concurrentielle, tirent artificiellement le prix du marché de gros de l’électricité vers le bas et plombent le bilan des barrages et les stations de pompage suisses. À cause de cela, les investissements ont souvent été abandonnés, dans une filière qui est à la fois pilotable et renouvelable, qui représente 60 % de la production électrique nationale, et notre meilleur atout pour l'avenir. De plus, l’essor de l'éolien augmenterait le coût des machines (qui doivent s'allumer et s’éteindre fréquemment pour s’adapter à la production intermittente), priverait les barrages de milliards de subsides, les forcerait à régler le système aux heures creuses tout en empêchant les barrages de turbiner à bon prix si le vent souffle aux heures de pointe. En France, le spécialiste de la transition électrique J. Percebois a démontré que, chaque année, les centrales "classiques" d’électricité perdent à peu près autant que le montant des subventions récoltées par les producteurs d’EnR intermittentes. Donner 10 ou 15 milliards à l’éolien en Suisse renforcerait encore cet effet pervers.

 
 

22)

  • A : Les éoliennes sont inoffensives, elles ne changent pas notre mode de vie. Elles représentent beaucoup moins de danger que toute autre sorte de centrale existante, on peut cueillir des champignons au pied d’une éolienne.

  • R : Il faut mettre en rapport les dangers, les nuisances et la production d’une éolienne, qui n’a rien à voir avec celle d’un barrage, par exemple. Les projections de glace créent un périmètre interdit de 250 m de rayon autour de chaque mât pendant la saison froide à cause des projections de glace, ce qui amputera ou supprimera nos zones de détentes, sentiers, parcours de course à pied, etc.

 

23)

  • A : L’Autriche, un petit pays de montagne bâti et densément peuplé comme la Suisse construit des milliers d’éoliennes.

  • R : Dans la région des éoliennes, la distance aux habitations est de 1200 m, ce qui renforce l’acceptabilité. De plus, la grande majorité des éoliennes sont construites à l’Est du pays, sur du terrain très plat, dans un couloir à vent régulier. Ce genre d’endroit n’existe pas dans le canton de Fribourg. La partie Ouest de l'Autriche avec une topographie similaire à la Suisse ne compte que 32 éoliennes! Comment ça se fait?

 

24)

  • A : L’électricité éolienne indigène pourra être stockée à l’avenir : batteries, power to gas, air comprimé. On peut aussi stocker l’électricité éolienne dans des Stations de Transfert d’énergie par Pompage Turbinage (STEP).

  • R : À cause du mode de subventionnement des EnR intermittentes, et de la surcapacité de production en Europe, les centrales hydrauliques avec barrage de retenue et les stations de pompage suisses sont dans le rouge, et leur développement compromis. Les flux étant décidés au niveau européen et non national, l’énergie pompée vient de l’importation, notamment les jours de vent où l’offre excède largement la demande et le prix est proche de zéro. Mais la vente est problématique vu le très bas prix moyen du marché. Quand on passera au système de prix de marché (sans subventions), l’éolien suisse sera trop cher pour être stocké : personne ne voudra payer 15 ct le kWh éolien indigène pour le pomper et le revendre 7-8 ct, sans compter les pertes de 30% pour le pompage et les allers/retours sur le réseau. Quant aux autres technologies, nombreuses, leur potentiel est très limité car elles ne sont pas viables économiquement ou physiquement à l’échelle d’un pays.

 

25)

  • A : La région possède un gisement venteux très intéressant attesté par l’Atlas des Vents de l'OFEN.

  • R : Même si l’Atlas 2019 est moins délirant que l’Atlas 2016, créé de toutes pièces pour gagner la votation sur l'énergie en 2017 et qui a été utilisé dans le cadre du Plan directeur cantonal, les modélisations se basent toujours sur les données des promoteurs. Les vitesses modélisées sans anémomètre surestiment systématiquement le vent. Par exemple, la région de la Sonnaz, qui ne figure même pas comme zone à potentiel éolien sur la carte de la Confédération, a subitement été désignée comme un des 7 meilleurs endroits du canton pour implanter des éoliennes! Le projet a logiquement obtenu la note la plus faible pour le critère vent sur les 7 zones retenues. En plus, les éoliennes sont prévues en forêt ou en lisière, ce qui implique une forte rugosité qui pénalise lourdement la production. À l’étranger, on considère un site rentable à partir de 7,5 m/s à 100 m du sol. Chez nous, c’est 4,5 m/s. Pourquoi, alors que la production est proportionnelle au cube de la vitesse du vent ?

Extrait de la légende concernant ces cartes qui ont influencé le choix des sites fribourgeois. Le Service de l'Énergie du canton estime que c'est "scientifique". Jugez vous-mêmes:

26)

  • A : Les éoliennes géantes sont parfaites pour les régions vallonnées du Plateau, elles réduisent les problèmes de rugosité et permettent d’obtenir de forts rendements. Depuis que les machines sont plus hautes, on a découvert un véritable gisement de vent chez nous.

  • R : Ces gigantesques turbines ont été conçues pour fonctionner sur des littoraux ou des grandes plaines au climat venteux : courants forts et réguliers, air dense, peu de gel, pas d’habitations à proximité. Chez nous, la rugosité au sol, notamment dans les forêts, est minimisée par les promoteurs sous prétexte qu'elle diminue avec la hauteur des mâts, ce qui inexact. Les bons résultats de l'éolien sur pays plats, et encore meilleurs offshore, nécessitent des dizaines de kilomètres sans montagnes ni collines. Les aérogénérateurs fonctionnent au mieux avec des vents réguliers, plats (parallèles à l'axe), monodirectionnels (pas de tourbillons ou bourrasques) ; aucun de ces critères n'est rempli en Suisse. Quel rendement faut-il attendre lorsque on sait qu’on devra obligatoirement arrêter les éoliennes quand les chauve-souris chassent, quand les oiseaux migrent, quand le givre se forme sur les pales, quand l’armée s’entraîne à basse altitude, quand les pales font de l’ombre trop longtemps sur les logements (clignotements), etc. ? Durant la canicule ou les grands froids, l’hélice ne tourne pas. Heureusement, les éoliennes fonctionnent le dimanche…

 
 

27)

  • A : L’éolien et le solaire sont complémentaires. L’hiver, pendant les journées courtes, il y a du vent, l’été du soleil. C’est génial !

  • R : Lors des périodes de froid anticyclonique l’hiver, qui correspondent aux pics de consommation et aux jours de pénurie potentiels, l’éolien et le solaire combinés ont une fiabilité de 1 %. On ne peut échapper à des centrales de réglage, si on développe l’éolien. Le solaire est néanmoins intéressant chez nous: le coût du photovoltaïque baisse à grande vitesse, son potentiel annuel est nettement supérieur à l’éolien et son rendement plus prévisible par la météo. Le solaire permet aux villes, grosses consommatrices d’électricité, de participer à la production, contrairement à l’éolien qui la délocalise brutalement vers les campagnes. Personne ne va au tribunal parce que le voisin veut poser des panneaux sur le toit! Le solaire implique le citoyen personnellement, il est complémentaire avec les pompes à chaleur, et, si le réseau de bornes de recharge est bien pensé sur les lieux de travail et en ville, avec un parc raisonnable de voitures électriques. Un stockage jour/nuit est envisageable au niveau individuel, tandis qu’à moyen terme, un stockage saisonnier par pompage pourrait se développer, dans la mesure où le solaire n’est plus du tout subventionné, que son coût baisse suffisamment et que le prix du CO2 est relevé. Sans vent régulier, l’éolien ne réunira jamais ces conditions, et son essor n’a donc qu'un intérêt très marginal en Suisse.

En jaune, la progression du solaire en Suisse entre 2000 et fin 2018. En bleu foncé, tout en haut, le développement éolien, insignifiant, combattu partout. L'essor de l'éolien est irréaliste en Suisse, faute de place et de vent régulier. Source: Rapport de l'OFEN, novembre 2019.

 

28)

  • A : Pour le futur, mieux vaut un mix renouvelable diversifié avec beaucoup d’éoliennes, car on pourra moins compter sur l’hydraulique. Avec le réchauffement climatique, il y aura moins d’eau, notre production baissera.

  • R : Avec la fonte des glaciers, la production hydraulique augmente, ce qui va continuer jusqu’à un pic qui aura lieu entre 2035 et 2050. Le réchauffement va provoquer plus de précipitations en hiver et moins en été. La perte l’été sera compensée par le solaire. La fonte des glaciers, dramatique en elle-même, libérera des verrous qui permettraient d’installer de nouvelles retenues dans des zones quasi désertiques avec une atteinte minimale à l’environnement. Les nouvelles possibilités de pompage régleraient le débit d’eau tout en amoindrissant les problèmes liés aux sédiments.

  • Si malgré tout le niveau d’eau venait à baisser significativement derrière les barrages à l’horizon 2070, ce seraient de nouveau espaces disponibles pour le pompage-turbinage. Nos barrages sont notre plus grand atout pour l’avenir, car en plus de produire une énergie propre disponible à la demande, c’est le seul moyen de stocker massivement les surplus d’électricité. Ces qualités actuellement sous-évaluées par les investisseurs prendront de plus en plus de valeur avec la fermeture programmée des centrales nucléaires.

 

29)

  • A : Les flashs de nuit vont bénéficier de nouvelles technologies qui atténueront leur impact dans le futur.  Ils peuvent être déviés vers le haut, on pourra mettre des capteurs pour qu’ils s’allument seulement à l’approche des avions, les nouveaux LED ne dérangent pas l’œil.

  • R : Lesdites technologies n’en sont parfois même pas au stade expérimental. L’aviation civile et surtout militaire n’acceptera pas de tels risques : les éoliennes doivent rester visibles, avec des flashes assez puissant pour être vus à 40 km.

 

30)

  • A : Dans le canton de Fribourg, l'énergie éolienne sera une magnifique énergie verte.

  • R: Nécessitant  des tonnes de métaux stratégiques (cuivre, lithium, cobalt), de terres rares et de fibre de carbone, l'éolienne géante implantée dans le canton de Fribourg sera produite avec de l'énergie fossile (cimenterie, métallurgie, etc) en Allemagne, au Danemark et/ou en Chine. Érigée sur un socle en béton armé de 2000 tonnes, elle aura nécessité l'élargissement des routes et l'abattage de centaines d'arbres pour se frayer un passage dans la forêt et permettre à la grue de manœuvrer.

 

31)

  • A : L’impact sur la forêt sera limité au maximum. Tout sera compensé et payé par le promoteur.

  • R : La HES Berne a étudié en 2013 les conséquences de la construction et de l’exploitation d’une éolienne en forêt. La surface définitivement défrichée est bien plus grande que celle des fondations du mât et varie entre 0,3 et 1,3 ha (1 à 3 terrains de football par turbine). En plus, il faut défricher les chemins d’accès, indispensables au transport des éléments de la machine, dont certains pèsent plus de 100 tonnes. Le passage des longues pales dans les virages requiert un défrichement supplémentaire. Avec une longueur de véhicule atteignant 70 m, la forêt peut facilement être touchée sur plus de 10 m de large dans les virages serrés. En raison de l’accès nécessaire pour les travaux de maintenance, les surfaces forestières ne peuvent pas être reboisées durant toute la période d'exploitation. Combien d'années pour faire repousser ailleurs ces arbres, qui absorbaient du CO2 ? Au moins 20 ans, c'est à dire la durée de vie de l'éolienne... L'impact écologique des éoliennes en forêt est considérable.

Quand le même convoi tournera dans nos forêts, combien d'arbres faudra-t-il abattre?

 

32)

  • A : Une éolienne ne tue pas plus d’oiseaux qu’un chat par année.

  •  D'après la station ornithologique de Sempach (guide 2019): "Les parcs éoliens et les éoliennes installés en forêt peuvent entraîner des dégâts durables pour l’avifaune, car elles modifient à long terme l’habitat des oiseaux. Il convient donc d’y renoncer." Le risque de collision concerne surtout les oiseaux migrateurs et les grands oiseaux à reproduction lente, comme les rapaces et les cigognes (rarement attaqués par les chats...). Les oiseaux peuvent entrer en collision avec les rotors et les mâts, être aspirés en passant ou projetés au sol par le tourbillon des rotors. Le risque est particulièrement élevé le long des versants forestiers et des collines boisées. Les ascendances thermiques qui naissent dans ces situations sont très souvent utilisées par les rapaces. Les zones défrichées offrent, en plus, des lisières et des clairières qui peuvent tout particulièrement attirer les rapaces dans la zone dangereuse. Le mouvement des hélices, les travaux de maintenance et l’augmentation du trafic peuvent troubler la tranquillité d’une forêt, au point qu’à long terme, des espèces sensibles au dérangement disparaissent de cette région. Lorsque des espèces prioritaires sont menacées, il ne faut délivrer aucune autorisation de défrichement pour des éoliennes, d'autant plus qu'on ne peut pas comptabiliser leurs victimes en forêt.

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